Les Mains d'Eniripsa

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Les Mains d'Eniripsa

Message par Archeodendrite le Lun 20 Mar 2017 - 15:05

Il y a fort longtemps vivait un petit homme, disciple depuis son plus jeune âge de la Fée des miracles. Comme tous les siens, ses vertus étaient l’abnégation et la prévention.

Seulement, il avait des défauts. Tellement que tous pensaient qu’Ecaflip l’avait maudit tant il était malchanceux. Ses ailes n’étaient pas de la même taille, son corps était frêle et malformé, quant à sa maladresse, c’est à croire qu’il y avait toujours un Enutrof face à lui pour lui jeter le sort.

Ainsi, beaucoup saluaient ses talents de curateur et sa noblesse de cœur, mais personne n’osait parler de lui comme d’un ami ou de l’envisager comme un mari. En somme, il était apprécié pour ce qu’il faisait, mais aussi moqué pour ce qu’il était.

Mais cela ne l’affectait guère, ses actions et ses missions primaient sur son bien-être personnel. On pouvait croire qu’il était au-dessus de ces choses-là, du moins, en apparence.

Un jour, alors qu’il préparait diverses mixtures dans son laboratoire d’infortune, il reçut de la visite. Une de ses semblables, une Eniripsa, se présenta à lui.

Elle était en quête de ses services de médecin, mais notre protagoniste ne fut pas tellement attentif, tant la voix de son interlocutrice était envoûtante. S’il y avait eu un témoin de la scène, il aurait vite compris que notre héros venait de se prendre un coup de foudre.

Revenu à ses esprits, il s’exécuta précipitamment pour satisfaire la demande de la demoiselle, mais comme bien souvent, précipitation rime avec malheur, et cette fois-là n’échappa pas à la règle.

Dans un mouvement incontrôlé, l’Eniripsa balaya d’un battement d’aile l’une de ses commodes sur laquelle étaient posées des fioles remplies d’agents alchimiques. Les petites fioles cristallines se brisèrent au contact du sol et aux pieds de la ravissante femme blonde, l’aspergeant copieusement de leur contenu.

Dans un vacarme audible par un Enutrof sourd, situé au fond de sa mine, le maladroit se retourna et s’excusa. Mais la demoiselle, elle, d’un air fâché, tourna les talons et partit sans demander son reste.

Et une fois de plus, la maladresse de notre héros fut la cause de son malheur. Mais cette fois-ci, il ne put contenir son chagrin et sa haine… sa haine envers sa propre personne.

Tous l’entendirent et furent pris d’un même malaise, mais personne n’osa aller le voir et le réconforter.

Il fit alors un choix. Une nuit, il quitta son laboratoire, avec une sacoche pleine d’outils de médecine pour seul bagage. Étrangement, la bâtisse s’embrasa peu après. Jamais plus il ne reviendrait.

Son choix, c’était de soigner une personne pour qui il n’avait encore prêté que peu d’attention, une personne pourtant souffrante, mais qu’il ne voulait accepter : lui-même.

Mais faute de savoir quoi faire pour son propre être, il se souvint de la voix de cette Eniripsa, cette voix si harmonieuse. Le son, c’est le son qui lui avait donner des idées, fait marcher son imaginaire.

Il se rendit aux Lacs Enchantés, là où l’eau a pour don de soigner nombre de maux.

Il posa ses affaires et se mit alors à écouter, aussi simplement qu’attentivement, l’eau qui s’écoule, le bruissement des plantes, les gémissements d’un Pekeualak voisin, mécontent de sa prise… Il resta sur place plusieurs jours et s’imposa une sorte de cure. Toujours à l’écoute, attendant qu’une idée germe dans son intellect.

Puis, alors qu’il avait plusieurs fioles remplie d’eau des Lacs, il fit, encore une fois, preuve de maladresse. Mais cette fois-ci, ce fut différent. Faisant tomber une pipette en verre sur une fiole à moitié pleine, le son qui en résulta lui était à la fois familier et inconnu. La hauteur de la note n’était pas la même que celle d’une fiole vide.

Il fit alors des tests. Remplissant des fioles à divers niveaux, il s’amusa à frapper doucement ces dernières. Les sons produits étaient fort agréables à l’oreille.

D’abord vu comme un amusement et un passe-temps, l’Eniripsa comprit vite, en voyant les jeunes Koalak l’observer et l’écouter avec attention, qu’il tenait là quelque chose…
Certaines de ces créatures se rapprochèrent même de lui, désireuses de l’accompagner dans son élan mélodieux.

Une mélodie d’un rythme semblable à celui d’une valse naquit, égayant les jeunes Koalaks et faisant littéralement valser les plus vieux. Mais, si les créatures étaient aussi pacifiques et promptes à écouter un pauvre Eniripsa jouer avec des fioles d’eau, ça n’était pas l’œuvre de la nature elle-même.

Car, non loin, une autre observait la scène et écoutait, cette même demoiselle à la voix si belle, qui était venue voir le maladroit médecin il y a quelques jours.

Elle l’avait retrouvé, attirée par la musique qui lui plaisait particulièrement et se révéla à son disciple sous son véritable visage. Car en effet, c’était la déesse, la gracieuse et belle Eniripsa, qui vagabondait sur le monde, dans un but qu’elle seule connaissait.

En tout cas, ce jour-là, nul doute qu’elle ne repartit seule dans son domaine ; et que la valse résonne encore au temple de la Divine Praticienne, portée par le ruisseau qui s’y écoule.


Conte narré par Eythann le 18 Martalo 647 au soir.

_________________

avatar
Archeodendrite
Vice-Représentant

Divinité : Féca
Cercle de puissance : 200
Localisation : Atelier de façomagie personnel
Messages : 303

Voir le profil de l'utilisateur http://lyre-ehel.forumofficiel.fr/ http://www.dofus.com/fr/mmorpg/communaute/annuaires/pages-persos/53355300018-archeodendrite

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum