[RP Solo] Memnon et Archeodendrite - Les fragments d'une âme

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[RP Solo] Memnon et Archeodendrite - Les fragments d'une âme

Message par Archeodendrite le Mar 14 Fév 2017 - 10:58

Chapitre I : Prémisces

Assis sur un rocher qui surplombait le pré devant lui, un jeune berger Féca surveillait passivement son troupeau de Bouftous. Il souriait, ses yeux semblaient se perdre dans le lointain. Il venait tout juste d'avoir 19 ans, et le bâton posé à ses côtés respirait la fraîcheur caractéristique de ceux qui venaient d'être sculptés pour célébrer le terme de la formation des apprentis. Memnon, le regard vague, n'était pas allé fêter l'événement en compagnie de tous ses compagnons, nouvellement formés, à la taverne d'Amakna. Il avait préféré rejoindre ses Bouftous tout en profitant de cette journée au soleil.
* * * * *

C'était là le souvenir le plus ancien dont le Féca se souvenait. Impossible pour lui de remonter plus loin dans le temps. Impossible de se souvenir de sa jeunesse, de son enfance. Impossible de se souvenir de ses parents... Impossible de se souvenir. Comme si Xélor lui-même s'immiscait dans son esprit pour bloquer ses souvenirs à chacune de ses tentatives.
Avec le temps, Memnon s'y était fait : il avait accepté ce qu'il qualifiait alors d'amnésie divine, et quand on lui posait des questions sur ce passé qu'il avait oublié, il esquivait habilement la chose, jouant de plus en plus efficacement avec les mots, jusqu'à faire oublier à ses interlocuteurs qu'ils lui avaient posé la question.

Il était devenu un disciple protecteur à la fois sage et impertinent. Sage selon ses apprentis, impertinent selon ses amis. Il avait pris la relève de son ancien tuteur, et avait ainsi à son tour des jeunes à fomer sous son aile : Egisthe, un disciple Iop au quotient intellectuel anormalement élevé par rapport à deux de ses semblables ; Eulith, un jeune Huppermage encore débutant dans l'art de la maîtrise de la brise quadramentale ; et Archeodendrite, lui-même fidèle de la déesse au bouclier, et également filleul de Memnon.

Au fil des années, et avant de devenir le précepteur qu'il est désormais, Memnon avait largement démontré sa maîtrise des charmes protecteurs et s'était intéressé tout particulièrement aux glyphes anciens, tels que ceux de la langue draconique et du vieil amaknéen. Dans ses recherches, il était allé consulter de nombreux érudits en la matière, dont un certain Paglopglop, auteur d'un ouvrage sur la démystification des inscriptions ésotériques présentes dans la cité d'Astrub.

En l'an 644, peu avant Pwâk, et pendant la fête du Printemps, Memnon participa au grand défi krosmozien proposé par la méryde du goût du sang : Izmar. POur cet événement unique en son genre, des aventurières et aventuriers du monde entier s'étaient retrouvés sur les places publiques. À cette occasion, il put mettre en pratique ses talents d'interprète, et permit ainsi aux différentes ethnies présentes de collaborer entre elles librement, sans barrière linguistique.
C'est au terme de nombreux mois de recherches et d'hypothèses plus ou moins farfelues autour des énigmes de la méryde que tous les participants, ayant finalement réussi à pénétrer les « izmarvelous » arcanes, se virent attribuer une ceinture aux inscriptions, une fois de plus, mystérieuses : « Rmyfau qub usywrub ». Cette ultime énigme fut d'une simplicité enfantine pour Memnon, lui qui avait appris à manier les mots et les lettres aussi bien, si ce n'est mieux, que les disciples de la déesse Eniripsa. Cette ceinture n'était autre que la récompense d'Izmar aux aventuriers, et ce qui y était inscrit n'avait d'autre signification que : « Maître des énigmes ».

Un peu moins d'un an plus tard, en Martolo 645, Memnon envoya Egisthe poursuivre sa formation auprès des valeureux gardiens des cendres de Rykke-Errel : les Anbusiens. Il s'agissait d'une guilde de guerriers, installée sur l'île de Pandala, et dont chacun des membres avait juré de protéger l'urne funéraire de feu l'amant d'Helséphine qui, aujourd'hui ecnore, reste gravé dans la mémoire collective comme celui qui, littéralement, fut consumé par son amitié draconique.
Dans l'arrière-salle de la taverne du village de Pandala, le berger avait échangé quelques mots avec une de ses amies, une disciple Sadida au teint aussi noir que l'ébène, à l'allure fière, probe, etqui répondait au nom de Blackpanther. Egisthe, quant à lui, était resté près du comptoir, à discuter avec le tenancier, comme le lui avait indiqué son tuteur. Curieux, le Iop avait néanmoins regardé au fond de la taverne, cherchant le maître Féca de ses yeux, et il lui avait semblé voir quelque chose passer des mains de Blackpanther à celles de Memnon... Mais il oublia vite ce qu'il avait cru voir, et c'est ainsi qu'il débuta sa formation au sein de la guilde Anbu.
* * * * *

C'est en revenant de son voyage sur Pandala que Memnon fit une halte à Astrub, s'arrêtant devant le manoir du marquis de Lhambadda. Il avait eu écho de l'acquisition de cette immense bâtisse par le marquis l'année précédente, et la mise à disposition de sa salle de réception à ceux qui voulaient y fêter quelque événement. À l'époque, il avait été beaucoup trop accaparé par son rôle d'interprète pour accorder la moindre attention à cette transaction immobilière qui avait fait la une de toutes les gazettes du continent.
Profitant de cette halte, il s'était alors installé quelques jours à Tainéla, retoruvant parmi les élevages avoisinants la plénitude et le repos caractéristiques de son propre alleu. Il se renseigna davantage sur l'histoire du manoir et les raisons de sa cession auprès des archivistes de la cité d'Astrub, et c'est ainsi qu'il découvrit, non sans surprise, quel culte était désormais voué, entre les murs du manoir, à une déesse dont le sourire narquois et le ricanement auraient pu faire froid dans le dos à plus d'un enfant. Loin des préceptes aventuriers et autres considérations chevaleresques, cette déesse n'avait pour objectif que de répandre le tumulte ; ce que ses adeptes lui rendaient bien !
En effet, il semblerait qu'un certain clan se soit arrangé avec le marquis - bien trop souvent absent des terres astrubiennes - pour disposer du manoir en son absence. À la fois intrigué et intéressé, Memnon poursuivit ses recherches sur ce clan, et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il apprit qu'une de ses amies, sublime beauté Iop dont la vivacité d'esprit n'avait pas à envier l'apparence, en faisait partie. Il eut une pensée pour son disciple Egisthe, fraîchement débarqué sur Pandala, se disant qu'il se serait assurément plu à converser avec Hélia, cette fameuse Iopette qui avait fait du rose sa couleur favorite.

Acquérant alors un rouleau de parchemin et une plume auprès de Nacf Virgil, il s'était mis en tête de rédiger un bref résumé de ses pérégrinations, et de voir ce que ce clan pourrait en dire.

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Message par Archeodendrite le Mar 14 Fév 2017 - 14:18

Chapitre II : Une nouvelle déesse

Revenant d'un voyage sur l'île de Pandala, où il y avait confié son jeu apprenti Iop à une guilde se voulant être la gardienne des cendres de Rykke-Errel, un homme au long manteau et au visage dissimulé sous une capuche venait d'entrer au manoir de Lhambadda, un bâton finement sculpté dans sa main gauche et un rouleau de parchemin dans l'autre.

Il jeta un regard à travers la pièce dans laquelle il venait de pénétrer. Celle-ci était vide de monde. Lentement, mais d'un air décidé, il s'avança vers le comptoir qui lui faisait face, son manteau élimé traînant sur les lames de bois qui formaient le plancher du manoir, son bâton faisant résonner ce même plancher au rythme de ses pas. Sur le comptoir, on pouvait voir un encrier à moitié plein, une plume de Kwakwa, et quelques feuillets de la dernière gazette d'Amakna. Derrière, des papiers d'ordre administratif s'entassaient en piles irrégulières, laissant fortement supposer que la personne présente ordinairement derrière ce comptoir ne s'était absentée que pour un court moment, et qu'elle allait vite revenir. D'ailleurs, l'homme encore encapuchonné remarqua sur ce même comptoir, un peu plus sur la gauche, une note indiquant : « De retour dans une quinzaine de minutes ».

Il avisa une chaise non loin, contre le mur, et s'y assit. Il inspecta de son regard l'ensemble de la pièce. Au fond de celle-ci, derrière le comptoir, se dressait une lourde porte en chêne délectablement ornée et d'une poignée dorée de forme ondulée ; cette porte n'avait pas sa pareille en comparaison avec celle massive de l'entrée de la bâtisse que cet homme avait franchie. Cette autre moitié de la pièce, dont le comptoir marquait la séparation, était meublée d'armoires et d'étagères diverses, ainsi que d'un porte-manteau sur lequel reposait un splendide Chapeau Thé agrémenté d'une plume d'un vert resplendissant.
Impassible, l'homme semblait prendre la mesure du temps et de ce qui l'entourait, sans bouger ne fut-ce qu'un pan de son manteau, son visage toujours recouvert. On arrivait cependant à percevoir des mèches de cheveux d'un noir de jais qui dépassaient au niveau de ses joues. Finalement, la porte du fond s'ouvrit, laissant alors apparaître un fier Iop aux couleurs sombres, d'un habile mélange de gris et de pourpre cendré, heaume sur la tête, prêt à sortir. Il remarqua immédiatement l'inconnu assis, et le héla :

« Hé, vous ! L'homme à la capuche ! Soyez le bienvenu au manoir de Lhambadda !, s'exclama-t-il. Lieu de rencontre des âmes désarmées ; les lames ne sont ici pas de mise, mais s'il est des choses qu'ici on aiguise, ce ne sont que les âmes que l'on avise. »

Le Iop ôta son casque, découvrant ainsi un visage meurtri sporadiquement par quelques cicatrices. L'homme assis se leva, et imita son interlocuteur en rabattant sa propre capuche vers l'arrière, dévoilant à son tour les traits de son visage. On put alors reconnaître le visage d'un Féca, sérieux, les cheveux noués par un catogan bleu marine. Un sourire se dessina sur le visage du Iop, avant que ce dernier ne reprenne :

« Je suis Sunnk, pour vous servir, conservateur du clan de Lyre Ehel. Si vous venez pour la pièce de théâtre, vous être en retard de quelques mois déjà ; si vous venez participer à une partie de Meulou-Garou, il vous faudra attendre vandanor soir prochain. Mais je doute que vous soyez ici présent pour cela, je vois que vous avez une missive en main.
- Effectivement, répondit le Féca, j'ai en ma possession ce parchemin que j'adresse personnellement au clan de Lyre Ehel, et qui ne contient autre que l'humble expression de quelques uns de mes faits notables. Mais avant tout, souffrez que je me présente à vous, si tant est que je ne vous retarde pour quelque affaire des vôtres.
- Faites, faites, je vous en prie, je suis tout ouïe. Je dispose du temps que vous avez tant que vous n'y passez pas la nuit, haha !
- Fort bien, fort bien... Commençons par le commencement donc. Permettez-moi de me présenter : Memnon, berger et formateur de mon état, disciple de la sublime déesse Féca. J'ai atteint l'ultime cercle de puissance il y a de cela quelques temps déjà, et... »

À ce moment-là, on entendit un bruit sourd, probablement des pas, dévalant tumultueusement les escaliers de la pièce voisine. Sunnk leva les yeux vers le plafond et soupira dans un pincement de lèvres résigné. La porte du fond s'ouvrit brusquement, une Iopette toute de rose vêtue s'arrêtant net dans son élan en apercevant le visiteur, comme stupéfaite.

« Memnon ?! Quel bon vent t'amène au manoir de Lhambadda ?, s'enquit-elle. Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes plus rencontrés aussi fortuitement !
- Hélia ! Quelle agréable surprise, lui répondit le Féca. Et bien, vois-tu... Si je me présente ici, c'est dans l'espoir de faire en sorte que l'on se voie plus souvent, lui lança-t-il avec un clin d'œil. Plus sérieusement, je suis venu proposer mes services à votre clan, et j'étais en train de me présenter à Sunnk.
- Oh, formidable ! J'espère de tout cœur te revoir très bientôt dans ce cas. Je vous laisse continuer entre vous, je suis pressée : ma réserve de pétales de Rose Démoniaque touche à sa fin, et il faut AB-SO-LU-MENT que j'aille en cueillir pour pouvoir me faire mes infusions à la rose ! »

Et elle repartit aussi vite qu'elle était apparue, provoquant un courant d'air dans la pièce. Memnon eut à peine le temps de la saluer que la porte d'entrée s'était déjà refermée sur la fille du Comte Von Rosa.
« Il apparaît que vous connaissez déjà Hélia, disciple de Shariva. Je ne juge donc pas utile de vous la présenter plus que cela, reprit Sunnk, se tournant à nouveau vers son interlocuteur. Mais continuez, s'il vous plaît, vous disiez que vous aviez parachevé votre expérience...
- C'est exact ! Et grâce à cela, j'ai pu voir des quantités de terres éloignées, l'aventure restant à mes yeux le plus grande richesse qui se puisse acquérir. Lors de mes pérégrinations, j'ai appris à maîtriser - entre autres - l'art de l'incarnation, bien que certaines formes de transformation ne me soient pas encore totalement connues ; je peux vous faire une rapide démonstration, si vous le souhaitez ? »

Le conservateur acquiesça et observa, curieux, les apparences multiples que prit le berger devant lui : un Mini Nuit, un Lenald, un Grand Pa Wabbit, un fantôme Arepo, un Chafer, un Pandit, un Pandule, une Gargrouille, un maître Bolet, un Nakunbra, un bandit Magik Riktus, un tourmenté, un boulanger Sombre, un Chacha noir, un marcassin, et bien d'autres encore...
« Hm... Intéressant, concéda Sunnk, c'est une bonne base. Mais dites-m'en plus à propos de votre implication dans l'événementiel, qui est tout de même la composante essentielle de notre clan. Avez-vous déjà été à l'initiative d'un mouvement d'animateurs ? Avez-vous déjà assisté à quelque animation ? »

Le Iop eut à peine le temps de finir sa question qu'on entendit une voix féminine perçante crier depuis l'étage supérieur :
« Blooooooooooooooooouuuuuuuuuu !!! Où as-tu encore caché le rapport de l'enquête qui a été menée sur les Abraknydes ?!? Je t'avais pourtant dit de ne pas y toucher tant que je ne l'avais pas coté dans les archives !
- Ah, voilà notre chère archiviste : Sniam, indiqua Sunnk, amusé. C'est elle qui se charge de ranger, classer, et coter tous les documents plus ou moins officiels du clan de Lyre Ehel. De la plus simple brève de journal jusqu'au rapport en trois exemplaires des enquêtes les plus complexes. D'ailleurs, à propos d'enquêtes et de quêtes, avez-vous des références ou des faits notables à nous relater ?
- Oui, en effet, de quêtes j'ai rempli mes aventures, secourant ça et là quelques personnes dans la nécessité, et même parfois des personnages notoires tels que notre cher roi Allister, le Captain Amakna, Kerubim Crépin et bien d'autres encore. J'ai tant et tant aidé, qu'à travers toutes les contrées on m'affubla de titres parfois bien curieux. Le dernier en date étant celui de Memnon le Quêteur. Nul doute que d'autres suivront. Et pour en revenir à votre question d'avant, concernant l'animation... »

Memnon tendit à Sunnk le rouleau de parchemin qu'il tenait :

« ... vous pourrez trouvez là-dessus la liste de toutes les animations auxquelles j'ai pu prendre part, chaque fois en tant que personne extérieure. C'est-à-dire, par exemple, en tant que spectateur lors des pièces de théâtre, ou en tant qu'acteur lorsque l'animation nécessitait l'implication de ceux qui la suivaient.
- Oh, je vois, opina le conservateur tout en déroulant le rouleau. Alors, voyons voir... Des pièces de théâtre de la troupe du Phénix... Quelques parties de Meulou-Garou sur les terres de l'Innocence... Bon baisers de Vulkania, à l'intention d'Allisteria... Un sonnet régulier pour Klime... Un bref regard sur notre récente enquête... Et une grande participation à l'énigme que la méryde du goût du sang a proposée l'an dernier...

- Blooooooooooooooooouuuuuuuuuu !!!, lança à nouveau Sniam, agacée, depuis le premier étage du bâtiment. »

Cette fois on entendit, outre cet appel insistant, le bruit de pas légers, mais énervés, se déplaçant dans la pièce supérieure. Sniam semblait se diriger vers le fond, là où des escaliers permettaient de descendre directement dans la pièce actuellement occupée par Sunnk et Memnon. Elle descendit les marches une à une, dévoilant de prime abord ses bottes bleues, puis ses jambes graciles, suivies de son buste à la silhouette svelte, et finalement son visage dont les cheveux bleus couvraient presque entièrement la moitié gauche. Elle scruta l'espace de la pièce, ne prêtant pas vraiment attention au duo, cherchant d'un œil vif et rapide celui qu'elle avait sommé pour la deuxième fois. Constatant l'absence de ce dernier, elle s'adressa à Sunnk :
« Dis-moi, tu n'aurais pas aperçu Blou' à tout hasard ? Cela fait deux fois que je l'appelle et que je ne reçois pour toute réponse qu'un équivalent de ce que contient l'espace compris entre les deux appendices qui servent d'oreilles à un Bwork... Je ne retrouve pas le rapport de notre dernière enquête et je le soupçonne d'avoir une fois de plus négligé de le remettre à sa place. Tiens, qui est ce Féca ?, questionna-t-elle en remarquant Memnon.
- Un potentiel nouveau membre, lui répondit Sunnk. Il est venu proposer ses services, nous nous sommes croisés, et nous discutons depuis. En ce qui concerne Blou', je crois l'avoir entendu dire qu'il avait une affaire urgente à régler, mais je ne sais pas quand il reviendra. Peut-être Ratino en saura plus, mais à en croire la note que je vois ici, notre cher gouvernant a pris une pause d'un quart d'heure.
- D'accord, d'accord... Et bien, nous nous réunirons plus tard, j'imagine, afin de débattre autour de cette nouvelle recrue. Veuillez m'excuser de ne pas pouvoir vous accorder quelques minutes supplémentaires cher Féca, mais les archives ont besoin des soins attentionnés de l'Eniripsa que je suis ! À plus tard, peut-être. »

Elle avait lâché ses derniers mots tout en tournant ses talons vers l'escalier afin de regagner l'étage. Au moment même où Sniam terminait de remonter les marches, la lourde porte d'entrée s'ouvrit, laissant place à un Sacrieur à l'air préoccupé. Un magnifique Chacha angora suivait ses pas, tentant espièglement d'attraper les griffes de Phorreur incrustée sur le bas de la cape en poils brun clair du disciple de la déesse de la souffrance. Il ne portait aucun couvre-chef sur sa tête, dont les yeux s'étaient à présent arrêtés sur le visage de Memnon.

« Oh, euh... Memnon ?, interroga-t-il dubitativement, c'est bien cela ? Vous êtes bien le dénommé Memnon, l'investigateur obstiné ?
- En personne !, répondit le Féca. Enchanté de vous revoir, Azaroc. Comme vous pouvez - et pourrez - le constater, je me suis finalement décidé à vous rejoindre, et j'apportais, en conséquence, pour preuves de ma motivation, ces quelques faits que j'ai pu recenser dans le parchemin que tient Sunnk.
- Merveilleux, merveilleux ! Quelque chose me dit que nous nous reverrons très bientôt dans ce cas, affirma Azaroc d'un air encore pensif. Ah ! Le voilà ! C'était donc là que je l'avais oublié !, s'exclama-t-il en apercevant son Chapeau Thé sur le porte-manteau. »

Il s'empressa d'aller récupérer sa coiffe, heurtant accidentellement Memnon au passage, et perdant un insigne de sa poche. Le Féca, dans une preste diligence, ramassa l'objet et le rendit au Sacrieur, remarquant de ce fait l'inscription gravée dessus : « Rmyfau qub usywrub ».

« Ça par exemple !, s'étonna le berger avec un haussement de sourcils. Vous aussi alors ? Peut-être vous rappellerez-vous d'ailleurs à ce propos que je fus le premier à partager en place publique la signification démystifiée de ce titre honorifique, cher Maître des énigmes. On peut dire que cette méryde nous aura donné du fil à retordre l'an passé, n'est-ce pas ? »

Azaroc lui sourit, hochant la tête en signe d'approbation, et remit l'insigne dans sa poche. Il reprit sa marche à travers la pièce, passant derrière le comptoir pour aller récupérer son chapeau. Le saisissant d'une main, il le positionna sur sa tête à l'aide de son autre main, et ajusta sa plume en lui donnant un mouvement gracieux vers l'arrière.

« Ah, voilà qui sied bien mieux à un représentant tel que moi !, déclara-t-il satisfait. Ne trouvez-vous pas ? Manquer de panache et de charisme aurait été une faute grave pour quelqu'un véhiculant avec lui l'image de tout un groupe !
- Je vous l'accorde très volontiers, répliqua Memnon, je sais de quoi il en retourne, ayant moi-même été à la tête de quelques batailles, fut un temps. Vous vous souviendrez sûrement de ces temps-là, où une horde de slips semait le chaos parmi nos cieux épiques. Mais vous devez avoir à faire, je ne vais pas vous retenir plus que cela. Au plaisir, maître Azaroc !
- Vous de même, cher Memnon, vous de même. Ah et, Sunnk, avant que je ne parte pour ma conférence au château d'Allister : je t'avais laissé une note sur ton bureau hier soir, as-tu eu le temps de la lire ?
- Pas encore, lui répondit le disciple du dieu guerrier, j'étais occupé à intégrer notre dernière recrue dans son ordre. Mais j'y jetterai un œil dès que possible, je te le promets. Bonne conférence à toi ; tu passeras le bonjour de ma part à Georges de Segrob ? Je suis certain qu'il y sera.
- Je n'y manquerai pas, lui confirma Azaroc en quittant le manoir d'un pas assuré. »

Le Sacrieur s'étant éclipsé par la porte d'entrée, Memnon reprit, interrogeant Sunnk :
« Dites, au fait, ce Blou' que cherche Sniam... S'agirait-il de Sacry-Blue ?
- C'est effectivement là son nom complet, pourquoi ? Le connaissez-vous déjà, lui aussi ?
- Oh, pas aussi bien que je connais Hélia, mais j'ai négocié récemment avec sa guilde pour l'intégration de l'un de mes apprentis - un jeune Iop du nom d'Egisthe. Je pensais l'y trouver, mais il n'y était pas quand je suis passé avec mon apprenti. Et ici non plus, il ne semble pas être présent du coup !
- Ce sont des choses qui arrivent... Et bien ma foi, tout cela me semble prometteur, conclut Sunnk. Nous nous réunirons au sein du clan pour débattre de tout cela et nous vous tiendrons informé de notre décision. Que Iop vous prête sa force !
- Et que Féca vous protège, lui lança Memnon en retour. Bonne journée à vous, au revoir !»

Ils se serrèrent la main, puis repartirent chacun de leur côté, le Féca recouvrant sa tête de sa capuche, le Iop enfilant son heaume.

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Re: [RP Solo] Memnon et Archeodendrite - Les fragments d'une âme

Message par Archeodendrite le Mer 22 Mar 2017 - 14:24

Chapitre III : Le retour du Iop

À paraître...

Chapitre IV : Un passé trop présent

Depuis quelques moi déjà, Memnon agissait étrangement, même pour quelqu'un au service du tumulte. On ne le voyait plus beaucoup, ou en de très rares occasions lors des réunions exceptionnelles du Clan de Lyre Ehel. Il ne donnait aucune notification de là où il partait, pas plus qu'il n'informait de ses retours. C'est comme cela que les autres membres se surprenaient à le voir soudainement apparaître dans l'encadrement de la porte de la salle de réunion alors qu'ils l'imaginaient à des kilokamètres d'Astrub, protégeant on ne sait quelle veuve de quel Orfélin. Et, à chaque fois qu'il faisait irruption, c'était toujours avec le même teint blafard, sa cape toujours plus élimée que les fois précédentes, le regard éternellement fixe devant lui, comme si un être chimérique lui faisait face et qu'il n'osait pas le quitter des yeux. Malgré tout, il participait à ces quelques réunions du Clan, bien que laconique, et les autres n'osaient rien lui reprocher en conséquence. Il faut reconnaître qu'avec une telle mine affreuse, il inspirait plus la crainte que le respect qui lui était autrefois dû. On aurait presque pu le prendre pour un de ces mendiants du zaap, si des guenilles avaient remplacé le manteau de haute facture qui le couvrait de pied en cap. Car oui, même si ce manteau était usé et limé par le temps et les mauvais temps, on pouvait néanmoins reconnaître la signature artistique de Paro Cabanne sur celui-ci.
* * * * *

Par un soir de pleine lune, alors que le Clan de Lyre Ehel venait de terminer une autre de ses fameuses soirées des « contes du Meulou-Garou », orchestrée comme à l'accoutumée par Hélia dans la salle de théâtre du Manoir, Memnon fit à nouveau une brusque entrée, avec la même allure que d'habitude. Mais cette fois, il n'était pas seul : un autre berger Féca, plus jeune que lui, le suivait. Cheveux blonds, bien habillé, il arborait fièrement une tunique dont le vert bouteille se mariait élégamment avec l'argenté de ses épaulettes et de ses protège-tibias. Il avait à sa taille une épaisse ceinture de cuir ornée d'une étoile d'or à cinq branches, et ses chausses, soigneusement essuyées à l'entrée du Manoir, brillaient de la même couleur argentée que son armure. Entre Memnon et lui, c'était comme le jour et la nuit : l'un était terne et sombre comme un Obscuranti, l'autre resplendissait de couleurs chatoyantes ; l'un courbait le dos, voûté, l'autre se tenait droit dans ses bottes ; l'un prenait appui sur son bâton de berger, l'autre s'en était délesté dans le vestibule ; Memnon, enfin, avait les cheveux aussi noirs et poisseux que de la tourbe, alors que  ceux de celui qui l'accompagnait ne présentaient pas la moindre irrégularité dans leur éclat doré. Pour autant, cet inconnu ne montrait aucun dégoût à se tenir auprès de celui qui avait autrefois été connu et respecté pour son perfectionnisme.
Les derniers invités de la soirée ne tardèrent pas à s'en aller, et il ne resta bientôt plus dans la salle que les membres du Clan, ainsi que Memnon et son acolyte. Ce dernier prit alors la parole :

« Bonsoir, honorables membres du Clan de Lyre Ehel ! Veuillez pardonner l'aspect cavalier de cette visite, mais j'ai finalement persuadé mon parrain de venir vous donner de réelles nouvelles de lui. Voici plusieurs mois qu'il me fait l'unique confident de ses aventures et de ce qui lui est arrivé, mais j'estime que vous, dont il me parle si souvent, êtes tout autant en droit de savoir que moi. Avant de le laisser commencer, permettez-moi cependant de me présenter convenablement. Je suis Archeodendrite, filleul et ancien apprenti de Memnon, et comme vous l'aurez sûrement remarqué, disciple de la même déesse que mon parrain : Féca. À présent, il me tarde que Memnon vous éclaircisse, aussi vais-je lui laisser la parole, puisqu'il lui reste au moins cela... »

Dans ces derniers mots, on pouvait percevoir une pointe de tristesse mêlée à du reproche dans la voix du jeune disciple. C'est alors que Memnon ouvrit la bouche pour prendre la parole à son tour. Les autres membres du Clan furent surpris d'entendre à nouveau cette voix qui s'était faite muette durant les derniers mois. Le Féca décrépi narra ainsi à ses amis la folle quête dans laquelle il s'était lancé, le regard toujours perdu dans une dimension que lui seul semblait voir.

« Tout a plus ou moins commencé avec ce manteau, expliqua-t-il en désignant ce qui l'habillait. Alors que j'allais le récupérer après avoir été averti de la fin de sa réalisation, Paro Cabanne - la styliste notoire - m'a proposé une petite divination gratuite. Je n'étais pas pressé, j'ai donc accepté, et elle a commencé son art. Elle m'a demandé ce que j'aimerais savoir, et sans vraiment réfléchir, je lui ai dit la première chose qui me passait par la tête : mon passé. Surprise que ma requête concerne des faits passés et non des faits à venir, elle m'a regardé d'un air interrogateur en me demandant sur quelle période de mon passé elle devait se focaliser. Je lui ai simplement répondu de regarder du côté de mon enfance, tout en gardant pour moi le fait que qu'aucune autre consultation avec quelque autre magicien ou voyante n'avait jusqu'à présent réussi à dégager le brouillard qui cernait cette période de ma vie. Intriguée, Paro s'était alors concentrée fortement, pour finalement m'annoncer ce que je redoutais déjà : elle ne parvenait pas à percer cette brume qui isolait mon jeune moi. Dépitée, elle m'avait proposé une nouvelle divination, que j'ai refusée, lui expliquant qu'elle n'était pas la seule à avoir été bloquée au stade de la purée de pois. À ma sortie de l'atelier de l'artiste, une petite personne sous un large chapeau m'avait alors interpelé, prétendant avoir tout entendu de ma précédente conversation, et affirmant connaître l'origine de mon mal. Suspicieux, j'avais d'abord refusé de la suivre. Mais ma curiosité avait fini par l'emporter à mesure qu'elle m'expliquait qui elle était. Cette personne, nous la connaissons tous aujourd'hui, mais à l'époque elle m'était encore inconnue : c'était Lila. Elle m'avait simplement invité chez elle, en me faisant promettre de garder pour moi l'emplacement de sa demeure.
Lors de cette première rencontre, nous n'avions fait qu'échanger, rien de plus. Puis, nous nous sommes revus à plusieurs reprises pour des sortes de séances durant lesquelles elle préparait une concoction - toujours la même - inodore et incolore malgré tout ce qu'elle mettait dedans, et qu'elle ne voulait pas me révéler. Je ne vais pas vous expliquer plus en détails le contenu de ces séances, mais je vous assure que Lila m'avait entièrement averti des risques encourus à poursuivre ces séances dans le temps. Peut-être ai-je été séduit par les résultats inattendus des premiers essais... Toujours est-il que je me suis obstiné dans cette voie vers mon passé, de laquelle Lila réussissait envers et contre toutes mes attentes à dégager la brume qui l'entourait. Aujourd'hui, j'ai pleinement récupéré les souvenirs qui me faisaient défaut, mais à un prix que bien peu seraient prêts à payer... J'ai recouvré la vue sur mon passé au détriment de celle sur le présent et l'avenir. Oui mes amis, vous m'avez parfaitement entendu : j'ai délibérément choisi la cécité. »

Memnon se tut après ces mots, et un silence pesant s'installa dans la pièce où tous se tenaient encore debout. Hélia fut la première à prendre une chaise pour s'y assoir, abasourdie. Nul n'osait prendre la parole, et tous fixaient à présent d'un air contrit le regarde de l'aîné des deux bergers, éternellement absent. Seule Lila était restée impassible, ne montrant aucun signe de surprise, car déjà au fait de ces événements. Finalement, c'est Sniam qui brisa ce silence de cathédrale avec une remarque pertinente :

« Cécité ? J'en ai déjà vu d'autres ! Je suis certaine de pouvoir te remettre d'aplomb avant que tu n'aies eu le temps de dire "fiole". Allez, suis-moi !
- Non Sniam, ce n'est pas la peine, répondit-il. J'ai choisi d'aller jusqu'au bout, j'en assumerai les conséquences, aussi terribles soient elles. Mais justement, je vais profiter de ce que nous soyons tous réunis ici, et de la présence de mon filleul Archeodendrite, pour vous annoncer une décision que j'ai prise, et qui a son importance. »

Tous sortirent de leur affliction pour écouter à nouveau ce que Memnon avait à dire. Sunnk releva la tête ; Sniam rangea la baguette qu'elle venait de sortir ; Blue croisa ses bras devant lui ; Rwandrall se rallongea par terre ; Hélia se servit une tasse de thé à la rose ; Azaroc ajusta son chapeau ; Lila ne broncha pas.

« Au vu de mon état, mais surtout parce que j'y ai longuement réfléchi avant de prendre cette décision, je vous annonce que je vais me retirer du Clan de Lyre Ehel. Je deviens plus un fardeau qu'une aide pour vous, et ne pensez même pas me retenir avec de belles paroles - je ne vous connais que trop bien - rien ne me fera revenir sur cette décision. »

Il marqua une brève pause avant de poursuivre :

« En revanche, et puisqu'il m'a démontré au moins autant de compétences et de motivation que je n'en aurai sûrement jamais, j'aimerais, avec votre consentement à tous bien évidemment, qu'Archeodendrite, mon filleul ici présent, puisse prendre ma place au sein du Clan. Il est au moins aussi doué que je ne l'ai été, si ce n'est plus, et il remplira à merveille les fonctions qui m'étaient échues. Archeo, dit-il en se tournant vers l'intéressé, accepte cela pour moi, je t'en prie... Ce sera mon ultime souhait.
- Que... Comment ? réagit ce dernier, décontenancé. Je... Tu... Tu ne m'en as jamais fait part, et je me retrouve dans la même situation embarrassante - je pense - que toutes les autres personnes ici présentes ! Je doute que le Clan fonctionne par succession, et je me vois mal débarquer parmi eux comme si j'avais été un des leurs depuis aussi longtemps que toi !
- Allons, allons, déclara Sunnk. Si tel est le souhait de Memnon - de se retirer du Clan - personne n'ira à son encontre. Par contre, étant donné ce départ, cela nous fait donc une place vacante au poste de Hérault du Clan, et je dois reconnaître que ton introduction de toute à l'heure m'a paru convaincante. Pour tout te dire, j'ai eu l'impression de revivre le jour où ton parrain lui-même s'était présenté au Manoir pour la toute première fois... »

Le Iop se tourna alors vers ses confrères afin de recueillir leur avis en un échange de regards. Tous approuvèrent dans un hochement de tête, silencieusement. Puis, Sunnk reprit la parole :

« Ainsi soit-il ! Si tu l'acceptes, cher Archeodendrite, filleul de Memnon, nous approuvons ta candidature à ce poste laissé vacant par ton parrain, avec une période d'essai néanmoins. Quand bien même Memnon t'aurait tout enseigné sur Shariva et le Tumulte, on n'en devient pas adepte aussi simplement, bien sûr ! »

Incertain, et surtout pris au dépourvu, le jeune Féca fronça des sourcils, bouche bée. Il n'avait pas anticipé cela, et ne trouvait en conséquence rien à répondre. Tout s'agitait à l'intérieur de ses pesées : bien sûr qu'il avait souvent eu envie de rejoindre son parrain au sein du Clan, mais là c'était différent, il n'était plus question de le rejoindre, mais de le remplacer ! Jamais il n'aurait cru qu'un jour, il pût égaler son mentor à quelque poste que ce soit, et ce malgré le récent handicap que ce dernier s'était infligé. Tiraillé entre l'envie et l'humilité, Archeodendrite choisit finalement de donner du temps au temps, et de ne donner sa réponse que lorsqu'il aurait décidé qu'il se sentait prêt.
Les membres du Clan de Lyre Ehel acceptèrent son choix qu'ils jugèrent sage, tout en lui rappelant cependant que la place ne resterait pas indéfiniment libre. Le berger aux cheveux d'or acquiesça respectueusement, avant de prendre congé de ses interlocuteurs avec Memnon. Ils sortirent tous deux côte à côte, par la même porte qu'ils avaient franchie pour entrer dans le Manoir. La nuit était déjà bien avancée, et le ciel nuageux de cette soirée d'hiver ne laisser filtrer aucun rayon lumineux de quelque astre que ce soit. Le duo de Fécas s'enfonça dans les ténèbres de cette nuit, le bruit de leurs bâtons résonnant au rythme de leurs pas.
* * * * *

Le lendemain, dans l'après-midi, Archeodendrite revint au Manoir, seul, un rouleau de parchemin en main.

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